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Casa Mia, la nouvelle épicerie fine italienne des Batignolles
Le 25 Octobre 2021

Casa Mia, la nouvelle épicerie fine italienne des Batignolles

Elodie Benzerti-Robin, Française d’origine italienne, a ouvert aux Batignolles Casa Mia, une épicerie fine dédiée à la cuisine de ses origines. Pâtes fraîches, arancini, guanciale et autres spécialités de la Botte côtoient une sélection de produits bio, végétariens, sans gluten et quelques vins naturels.

Le public l’a découverte en 2014 dans le rôle d’une belle amoureuse éconduite par Le Bachelor dans programme de télé-réalité du même nom. Grande visibilité et notoriété soudaine, la jeune Elodie Benzerti, castée alors qu’elle travaillait au Germain, a marqué le petit écran. Et failli impressionner le grand quand un réalisateur oscarisé a envisagé d’en faire l’héroïne de son prochain film. Si elle a connu l’enfer en étant traquée par les fans et les paparazzi; elle a su également remplir son carnet d’adresses. Au point qu’aujourd’hui : beaucoup de monde connaît Elodie et Elodie connaît beaucoup de monde. Son profil Insta en témoigne et rassemble une communauté de 17000 followers aimantée par ses bons plans food. La suivront-ils jusque dans son épicerie ? C’est ce qu’on lui souhaite.

« AVEC LE COVID, JAI PERDU MON TRAVAIL »

FRANCE PIZZA : Quel est votre lien avec la cuisine italienne ?

ELODIE BENZERTI : Ma famille, originaire d’Alba, région de la truffe blanche, a eu des épiceries et le seul commerce italien du coin où j’ai grandi à Nice. Je ne parle pas l’italien mais j’ai baigné dans cette culture. Ma mère, très grande cuisinière, m’inspire au point que j’ai pensé faire Le Cordon Bleu. En m'emmenant dans les meilleurs restaurants, mes parents ont favorisé mon envie de découvrir et de partager. C’est comme ça que s’est construit mon Instagram.

Quel a été votre parcours avant Casa Mia ?

J’ai commencé comme hôtesse chez Costes, à côté de mes études de commerce. J’ai été manager au Silencio puis dans différents restaurants de Paris. Et enfin, directrice de la restauration et d’exploitation au Bedford, Germain et chez Yoom. Les restaurants ayant fermé à cause du Covid, j’ai perdu mon travail de directrice. Je me suis dit que c’était peut-être le moment de se lancer. Le projet est né en 2021, j’en rêvais depuis 5-6 ans.

« JAI MONTÉ CASA MIA TOUTE SEULE »

Comment avez-vous financé Casa Mia et choisi ce nom ?

J’ai été aidée par la famille et j’avais un apport perso. J’ai été élevée par ma maman seule, à la débrouille. Les Italiennes de ma famille sont fortes et n’ont pas eu besoin d’être épaulées par des hommes. J’ai monté mon magasin avec des petits moyens et l’envie que ce soit joli. Ça n’a pas toujours été facile, j’ai déjà pris le métro avec 40 kg de carrelage ! Je voulais l’appeler Amalfi mais il y a déjà un resto Amalfi dans le 17ème. Casa Mia, c'est simple avec un côté féminin qui me ressemble.

Parlez-nous de cette boutique.

J’ai mis un peu plus d’un an pour trouver l’emplacement. Je voulais un quartier sympa et vivant. Je suis à côté de La Récolte dont les valeurs sont le zéro déchet, l’éco-responsabilité…C’est un signe ! J’ai monté Casa Mia toute seule sauf pour les travaux. Mon espace de vente fait un peu plus de 30m2 et j’ai une réserve.

« DES PRODUITS DEXCEPTION À PRIX ACCESSIBLES »

En quoi Casa Mia se distingue-t-elle des nombreux points de restauration italienne?

Trop d’endroits vendent tout et n’importe quoi. Surtout à Paris ! Je voulais des produits d’exception à prix accessibles. J’ai mis deux ans pour trouver la totalité des produits.

Casa Mia, c’est une cuisine fraîche, pas mal de produits bio ou traités avec respect. Je travaille uniquement avec des gens qui aiment ce qu’ils font. Je veux donner du plaisir aux gens à travers de très bons produits qu’on ne trouve pas partout.

Et quels sont ces produits frais ?

De la très bonne charcuterie traitée dans la tradition par des artisans. Mes guanciale, San Daniele et Parme sont exceptionnels. Des raviolis pliés à la main dont les farces changent selon les saisons (Pignons et basilic, Tomates séchées et mozzarella, Jambon cru et figues). Et toujours des raviolis végétariens. J’ai des tagliatelles avec une sauce tomate aux cèpes, un plat réconfortant pour la saison. J’ai de très bons antipasti faits à partir de légumes bien choisis. Les Français pensent souvent que la burrata est bien meilleure que la mozza; quand ils goûtent la mienne, ils se rendent compte qu’elle est plus goûtue et crémeuse.

« LES RÉSEAUX SOCIAUX AIDENT BEAUCOUP »

Comment avez-vous sélectionné ces produits ?

J’ai eu du mal à retrouver le goût des raviolis faits à partir de ragoûts mijotés pendant trois jours et pliés à la main par ma grand-mère. J’ai goûté peut-être cinquante sortes de raviolis avant d’en trouver de très bons en Italie. Mes arancini sont faits par un artisan dont le laboratoire sur Paris fait aussi des lasagnes, des pizza et des desserts. Il me livre tous les jours.

Vous avez évolué dans la restauration française, comment avez-vous trouvé ces artisans italiens ?

Les réseaux sociaux aident beaucoup. J’ai une grosse communauté, dont pas mal d’Italiens, qui aime la très bonne nourriture. Un bon ami, qui teste toutes les pizzas en France, en Italie et partout, m’a beaucoup aidée dans ma recherche. J’ai trouvé à Paris un laboratoire tenu par deux frères qui ont douze épiceries fines. Ils préparent des plats pour leurs propres boutiques et ont décidé de fournir aussi d’autres commerces .

Quelles marques phares de la cuisine italienne vendez-vous ?

Je travaille avec Tartuflanghe spécialisé dans la truffe et dont les chips ont un vrai goût de truffe. Pour la charcuterie, j’ai quelques produits Rovagnati parce qu’ils sont très connus et très bien. Les pâtes, faites dans des moules de bronze, viennent de chez Filotea ou Santamatri. J’ai une sorte de pâtes au cacao. Ce ne sont pas des produits qu’on a l’habitude de consommer mais ils changent de tout ce qu’on trouve partout.

« JESSAIE DE PLAIRE À TOUS ET D’ÊTRE DANS LAIR DU TEMPS »

Combien de références Casa Mia propose-t-elle ?

EB. Environ 300 pour la nourriture avec des pâtes, chips, taralini et sauces, tous sans gluten. Les tagliatelle au pesto sans gluten sont bien appréciées. J’ai une bolognaise étonnante alors que étais persuadée qu’une bolo en pot, c’était impossible ! Des sauces bio faites à partir de San Marzano qu’on peut utiliser telles quelles pour la pizza ou la pasta. J’essaie de plaire à tous et d’être dans l’air du temps. J’ai 35 références de vins et de prosecco, quasiment que des vins bios : Falanghina Campania Igt Campanelle Casa Setaro ou le Cascina Galarin Barivel Langhe Arneis. J’ai des chianti peu répandus et une sélection de très bons blancs.

Après 5 mois dexistence, avez-vous déjà des best-sellers

Tout ce qui est en vitrine réfrigérée est ce qui marche le mieux. Je vends vraiment beaucoup le jambon et le saucisson tous les deux à la truffe. Le pecorino au poivre est très apprécié des Français. Les arancini et les raviolis sont ce que je vends le plus.

Quont-ils de particuliers vos arancini ?

Ils sont gros et, je tiens à le dire, faits avec du vrai riz à risotto ! Beaucoup n’en utilisent pas parce que c’est plus cher. Moi, c’est du vrai, mélangé avec du parmesan et de la mozzarella. Et ils ont un cœur : chiffonnade de jambon blanc, truffe fraîche, champignons (4,50 sauf la truffe, 4,90€).

Les clients physiques peuvent-ils réserver ? Proposez-vous de la vente en ligne ?

On peut m’appeler et réserver certains produits, je le fais avec plaisir. Vu que je travaille avec des artisans, on ne peut acheter que ce que j’ai. Mes produits sont également en vente sur Deliveroo.

« À TERME, JAIMERAIS FAIRE UNE CHAÎNE »

Vous parlez de produits bio, respectés, sans gluten. Comment se traduit votre respect des nouveaux engagements autour de la nourriture ?

À part les emballages des fournisseurs, que je ne choisis pas, je n’ai aucun plastique. Tout est biodégradable. Ma meilleure amie est intolérante au gluten depuis plus de quinze ans, je sais ce qu’elle peut ressentir. Quant à moi, je suis allergique aux sulfites d’où ma sélection de vins bio. Je veux surtout des produits traités avec respect.

Peut-on proposer de la restauration italienne sans pizza?

J’en ai à la plaque comme en Italie. À la truffe, Regina, Margherita…, je ne commande jamais la même. Je ne m’y attendais pas mais la Végétarienne (courgette, pignon, mozza, tomate cerise, poivron et pesto) marche très bien. La part de pizza est à 4,50€, la focaccia à 2,50€.

Quid des desserts ?

EB. Felipe, qui prépare mes lasagnes et mes arancini, fait aussi mes tiramisu dont un à la pistache. Je vends des canolli à la crème de pistache et sans ricotta, à la crème de citron. Des aragostine chocolat-noisette, des granella, sorte de boule à la pistache avec un concassé de pistache tout autour.

Quel serait le développement idéal de Casa Mia ?

EB. Je veux développer davantage l’événementiel et, à terme, une chaîne.

 

Isabelle Aithnard.

 

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